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SPECTACLES 2002-2003

Commentaires pour Stéphanie Valois
Commentaires pour Pierre-Jean Peters
Commentaires pour Joël Savoie


Commentaires pour Stéphanie Valois

"Appel à l'imaginaire du public!

Toute de noir vêtue, en pantalon et en chandail à manches courtes, à l'aise pieds nus, sans accessoires, sans objet aucun, ni décor, ni scène (sauf ce plancher de ciment dur au bout duquel pend un large et haut rideau noir), ni texte appris par coeur, la marathonienne Stéphanie Valois, comédienne théâtrale, chanteuse à la voix claire et puissante, mime à l'expression articulée, part à la conquête de notre imaginaire en exerçant un art quasi irréel, voire surréaliste, l'improvisation théâtrale.

Le défi est de taille, la salle haute et immense, s'y prête bien. Le public attentif et dévoué n'attend que le moment magique pour embarquer dans la galère somptueuse de la demoiselle qui se métamorphose en fourmi ou en chien. Car Stéphanie a du talent et connaît tous les trucs et tours à jouer afin d'exprimer de façon idéale cet art difficile qu'est l'improvisation. Mime, mimique, pantomime, mimodrame, bref toute la panoplie gestuelle, et son effet symbolique, y passe devant nos yeux et pénètre notre univers imaginaire qui s'allume au jeu intelligent de l'artiste.

Celle-ci, d'ailleurs, va d'un thème à l'autre, court d'une scène à l'autre, change de voix, de ton, de niveau de langage, devient animal anthropomorphique, enfant chétif, épouse acariâtre, femme épuisée. La créatrice joue, consécutivement, plusieurs rôles, entremêlant personnages, lieux, situations, déjouant le temps, accaparant l'espace, laissé immensément vide, poussant son imaginaire à outrance, emmenant le spectateur à dessiner, avec elle, le paysage fulminant d'un décor, à pénétrer, avec elle, l'espace démesuré d'une scène où se complètent l'imaginaire débridé et la parole audacieuse.

Labyrinthe vertigineux dans lequel la comédienne pourrait se casser le cou (ou la voix), ce jeu impromptu de théâtralité osée, si dénudé mais si magistral, vous emporte le coeur et l'âme aux confins de la spontanéité de l'imaginaire et de l'immédiateté du langage.

Une invitation à titiller la magie du théâtre!"
, (Mario Hart, Internaute dans les 100 meilleurs contributeurs de Voir.ca, 18 octobre 2004)


"Étonnant!

Oui, étonnante cette découverte (grâce à VOIR) de la compagnie l'Impromptu et du théâtre en direct. Hier soir, Stéphanie Vallois a donc pris la scène, seule, à la Station C, en grande proximité avec son petit public pour une heure et demie. Et sans... rien. Sans balise, sans texte, sans décor, sans costume.

Saluons d'abord le courage et le talent de l'actrice qui a aussi une vraiment très jolie voix dont elle nous a gratifié à quelques reprises. Saluons aussi l'audace de l'idée même de création en direct.

Je peux vous dire d'abord que je ne me suis pas ennuyée une minute... ou presque. Il est vrai que vers la fin je trouvais l'exercice un peu redondant... peut-être qu'un format d'une heure serait suffisant. J'ai aussi beaucoup rit... Mme Vallois a un humour spontané et mordant qui est contagieux. Il y avait longtemps que je n'avais pas dû autant réprimer un fou rire au théâtre...

J'ai aimé de la création en direct tout ce qui rappelle l'écriture automatique. Le côté spontané, les associations d'idées ou de rythmes ou de sonorités. En ce sens, j'ai trouvé l'expérience enrichissante en tant que catalyseur créatif. Bien entendu, ça ne remplacera jamais l'écriture théâtrale (mais je ne crois pas que ce soit le but!)... mais c'est plutôt un complément. Une improvisation améliorée... Enlevant les dernières balises que l'impro donnent encore... Une improvisation en solitaire... comme si l'actrice nous donnait à voir le cheminement tortueux de la pensée humaine."
, (Catherine Voyer-Léger, Internaute dans les 100 meilleurs contributeurs de Voir.ca, 15 octobre 2004)


"KHI: Improvisation Magistrale!

C'est seulement le deuxième fois que j'entre au 1450 Ste-Catherine Est, appelé Station C, comme à Poste Canada, la fois d'avant c'était le Théâtre Félix Leclerc où j'ai vu la première version québécoise de Starmania il y a plus de 20 ans. Hier j'entre dans ce temple aux souvenirs, pour le premier de trois spectacles de suite gagnés aux enchères des jetons de Voir, je ne connaissais pas du tout Stéphanie Valois, çà valait le déplacement et pour cause, quel défi, seule devant un public docile, elle improvise durant une heure trente, sans pause, elle est habile, agile, aux mille visages, aux mille pattes, tantôt une petite fille qui suce son pouce, tantôt une femme révoltée qui regrette de s'être engagée comme coopérante en Afrique, alors qu'il n'y a rien à voir, elle a chaud, elle a froid, elle a mal, elle a peur de l'abandon, de la société décadente, elle devient fourmi, magasine, rêve et crêve d'ennui, bouge, danse avec élégance, chante pour exhumer sa rage, paye tous ses comptes, mais Vidéotron la débranche, elle s'accroche, tout de noir vêtue sur fond de scène noir, pourtant elle brille, vrille toutes les émotions, on devient tête à claques, masse docile devant cet ouragan. Elle nous a brassé le coeur et les méninges, à la sortie je me sentais comme un papillon aux mille pattes, partagé entre l'étonnement et le poids d'un tel talent capable d'improviser dans une sincérité du coeur et une spontanité laissant croire qu'il s'agissait d'un texte maîtrisé mémorisé, pourtant c'était de l'Impro pur à 100%. Je vous souhaite de vivre une telle expérience au moins une fois dans votre vie."
, (Robert Boulay, Internaute dans les 100 meilleurs contributeurs de Voir.ca, 15 octobre 2004)


"Y a-t-il quelque chose de plus méconnu que la lettre khi, vingt-deuxième lettre de l'alphabet grec ? Peut-être un spectacle de création en direct. Pour tout être pas trop obtus, il faut s'ouvrir l'esprit et s'arrêter à la Station C. Qu'est ce que l'on peut y trouver. D'abord une scène minimaliste bordée de fauteuils et de chaises, toutes très proches. Ensuite, Stéphanie Valois, comédienne, chanteuse et danseuse qui tout simplement prend possession de la scène mais surtout de notre attention. Indubitablement, cette fille a du talent et surtout du culot pour oeuvrer sans le filet d'un texte. Impossible aussi pour elle de tricher quand les spectateurs se retrouvent à une longueur de bras. Enfin, une performance exigeante pour l'artiste mais aussi pour le public. On assiste à la création d'un poème théâtrale où différents niveaux se chevauchent. Il faut rester concentré pendant une heure trente afin de la suivre dans une trame qui progressait parfois vite, parfois lentement, souvent virevoltante dans le chassé-croisé des thèmes développés.

Je ne peut pas répondre à la question de Impromptu Théâtre qui se demande si ce type de démarche artistique peut s'adresser à un grand public. Mais je souhaite que non parce que je crains que ce contact modifie la démarche exigeante proposé en la rendant plus simple sinon trop facile. C'est dans l'effort et l'exigence, valeurs en perte de vitesse, que doit oeuvrer la Création en direct.

P.S. : Avec la grande attention nécessaire, il serait important que les bruits parfois importants des activités environnantes soient limités sinon totalement absents."
, (Robert St-Amour, Internaute dans les 100 meilleurs contributeurs de Voir.ca, 14 octobre 2004)


"C’est une invitation à renouer avec la simplicité et la gratuité de l’acte pur de création. Stéphanie se livre témérairement à ce jeu qui fait revivre ce moment originel, à la fois terrifiant et merveilleux, où tout est jaillissement et révélation. C’est un don de soi sans réserve qu’on se surprend à recevoir dans toute sa plénitude; dans l’intimité de ce partage on se trouve entraîné sur des voies insoupçonnées de l’émotion. Ce serait peine perdue que de tenter de raconter le contenu sans cesse renouvelé des œuvres. À quoi bon? Il n’y a pas d’explication pour ce qui doit se vivre; cette expérience privilégiée relève du doux miracle qui s’opère et nous atteint au plus profond de l'être. Par son caractère éphémère l’œuvre reste libre et les bribes de souvenir qui resurgissent en nous sont comme les pièces d’or d’un trésor dont on ne finit plus de découvrir l’ampleur.

Et que dire de l’artiste; Stéphanie est généreuse en expédients pour faire apparaître devant nous un monde là où il n’y a qu’une scène vide. Elle fait preuve d’une maîtrise incroyablement efficace du geste, du langage et de la voix. Son chant envoûte et transporte comme celui de la sirène ou de la druidesse. Après sa sortie de scène, on retrouve le vide du décor et on se demande encore : où sont passé, la mer verte, les livres, le coquillage, le bébé qu’a accouché le monsieur?

Cette forme d’art a le potentiel pour connaître un grand rayonnement. Elle va bien au-delà du divertissement par son apport salutaire au spectateur et à la culture. Il y a bien longtemps que je n’avais été touché de la sorte; c’est un puissant rappel de la profonde et mystérieuse motivation qui nous pousse à courir les musées, les salles de cinéma et de théâtre."
, (Reynald Régnus, spectateur, étudiant)


"Hors des sentiers battus!

Ce qui me touche de cette forme théâtrale est qu'on y perçoit à la fois l'être et l'acteur évoluant sur scène dans une très grande intimité du geste et de la parole. C'est un saut dans le vide et l'acteur doit s'accrocher avec détachement à tout ce qui arrive au moment présent. Bravo!"
, (Ginette, peintre)

"Dans le cadre des Journées de la Culture, il m’a été donné, chanceux que je suis, d’assister à un délicieux moment passé avec une amie qui m’a accompagné lors de cette soirée où votre improvisation particulièrement réussie nous a transportés radicalement dans un univers changeant au fil de votre inspiration.

Parfois difficile à cerner, à certains moments frôlant l’ironie, voire la colère engendrée par des moments très forts de votre part, suivi d’enchaînements d’émotions transportés rapidement par votre voix prenante et, captif(ve) de votre interprétation surprenante, nous étions, tous les deux, mon amie et moi conquis par votre jeu, chère demoiselle.

Toujours suspendu à ce fil très mince, comme un funambule, vous étiez sublime. Je voudrais vous dire, mademoiselle, toute la reconnaissance d’avoir passé une délicieuse soirée qui fut trop courte à vrai dire.

L’après-spectacle fut aussi une excellente idée. Vous rendant disponible aussitôt votre performance achevée fut apprécié des spectateurs, ce qui ne fut sans doute pas facile pour vous, votre souffle étant encore un peu court.

Mon amie qui m’accompagnait, ne connaissant rien de l’art de la scène, fut très ravie d’entendre ce quelque chose de très différent apporté par vous et qui fut très apprécié par tous et toutes.

Bref, un enchantement complet. Je vous encourage mademoiselle à persévérer et je vous souhaite de percer ce difficile métier qu’est le théâtre et la scène.

Je vous prie de continuer et je vous laisse mes coordonnées afin de pouvoir assister à d’autres moments aussi intenses et flamboyants."
, (Jean-Marc Desmarest, Montréal, 30 septembre 2003)


"Je me présente : mon nom est Annie Montpetit et je demeure sur la rive-sud de Montréal. Lorsque Jean-Marc m’a appelée la semaine dernière, soit jeudi le 25 septembre en soirée, j’avais le moral dans les talons, plusieurs épreuves à répétitions jalonnaient mon existence et je n’avais pas le goût de grand-chose.

Aussi, c’est avec réticences que j’ai accepté d’accompagner mon copain. De plus, je déteste Montréal à en mourir.

Et pourtant !

Je voudrais aujourd’hui remercier cette si précieuse demoiselle qui, par la magie de son verbe fort et volubile, m’a fait vivre d’intenses moments. Je ne sais trop ni le comment, ni le pourquoi je fus à ce point émue et chavirée. J’avoue ne rien connaître à cet art de la scène, mais Mlle Valois m’a touchée par sa vivacité, son engouement, son jeu prenant et que dire de l’enchaînement dont même les temps morts étaient très forts. Je suis demeurée suspendue à ses lèvres de nombreuses fois.

Je regrette de ne pas avoir assisté à l’après-spectacle car je devais travailler le lendemain matin très tôt, mais ce n’est que partie remise car j’ai dit à Jean-Marc que la prochaine fois, j’aimerais assister en entier à un autre moment aussi apprécié.

Je suis enthousiaste et fort contente d’avoir découvert une nouvelle approche aussi peu commune, et je vous encourage fort volontiers chère dame à continuer car, c’est évident, le talent, vous en avez pour…"
, (Annie Montpetit, Montréal, 3 octobre 2003)


"J'aimerais premièrement féliciter Stéphanie Valois pour sa prestation du 19 novembre 2003…

Cette nouvelle façon d'aborder le théâtre, sans accessoires techniques voire même un texte, me laissait plutôt sceptique quant au résultat…Mais il n'y a que les fous qui ne changent pas d'avis!

Je crois même avoir passé par plus d'émotions en ce 19 novembre au soir que bien d'autres fois au théâtre…pourquoi? Et bien je vais émettre une théorie: écoutons-nous vraiment et attentivement lorsqu'on nous parles mécaniquement ou plus de 30 secondes consécutives ? Je ne crois pas...On en retiens souvent des brides et puis…merde on lâche. La plupart des gens n'écoutent pas...d'où le fait de plusieurs malentendus!!!!

Alors qu'en cette soirée il n'y eu aucun récital de texte, que les phrases n'étaient pas trop longues, on dirait que j'ai écouté!! J'ai écouté et non seulement écouté mais mangé la joie, le bonheur, la tristesse, l'angoisse, la folie, la peur, le doute…bref mettez-les toutes, elles étaient au rendez-vous!!!!

Et bien, en cet ère du reality show, j'aimerais bien que M. Guy Cloutier aille voir ce que vous faites et qu'il réalise ce que c'est du vrai en direct"
, (Bernard Gilbert)


"Impressionant!

J'ai été très impressionné par le spectacle de Stéphanie Valois.

Je voudrais dire que je ne suis pas un amateur de théâtre ou d'impro. Mais, j'ai aimé ça. De monter sur scène, sans savoir à quoi s'en tenir de la tournure des événements, il faut le faire. Il y a des comédiens de talent mais sans filet, c'est autre chose.

Ce qui est déplorable est la scène. Sauf que pendant le spectacle, ce n'est plus un problème, on a de yeux que pour elle. Les réflections de Stéphanie sont par moments drôles, et quelques fois font réflechir à des moments de notre vie passé.

J'espère que son ambition ne s'arrêtera jamais!"
, (Michel, Montréal)


"Ton apparition sur scène pour la première fois devant public était très émouvante. Grande fan de la création en direct, je vois en toi beaucoup de possibilités car tu as fait preuve de confiance en toi et malgré les quelques « trous noirs », tu as su te ressaisir et utiliser ces moments de flottements comme des moments d’intimité avec toi-même. Cela nous a permis de voir et d’entendre un silence majestueux et gracieux tel que tu es sur scène. Tu utilises à bon escient tes capacités comme le chant, la danse (mouvement du corps) ainsi que ton espace qui devient pour toi vital lorsque tu es devant un public. C’était une belle performance pour moi car j’ai enfin pu voir la difficulté de la Création en direct : le risque de perdre le contrôle de sa pensée et de tomber dans les abîmes du rien ! Je te tire mon chapeau et souhaite que le monde ouvre les yeux sur votre petit trésor qu’est ce projet.", (Hind, étudiante, Paris, 27 octobre 2003)

"J'ai reçu la création en direct avec beaucoup d'émotions. Avant les spectacles de Stéphanie Valois, de Pierre-Jean Peters et de Joël Savoie, je connaissais les règles du jeu : pas de canevas ni de thème préétablis. Le but visé : l'abandon total de l'acteur à la structure dramatique inhérente à chacun de nous. De présentation publique en présentation publique, j'ai compris que mon émotion prenait sa source dans ce privilège que j'avais d'assister, en direct, au processus d'abandon progressif de l'acteur à sa structure dramatique inhérente avec tout son lot de balbutiements, recherches, tâtonnements et quête vers le jaillissement ultime : le dévoilement d'un univers riche en symboles, mythes et thèmes ancrés dans une trajectoire aux histoires multiples qui se juxtaposent et s'entrecroisent et où se confondent l'individuel et le collectif. Si bien qu'à la fin du cycle des présentations publiques, on se surprend à en redemander. Et ce qui est fabuleux et enivrant à la fois c'est que la recherche s'avère aussi passionnante que le résultat attendu. Une démarche à suivre de près pour tout son potentiel créateur en devenir!", (Claudette, agent d'administration)



Commentaires pour Pierre-Jean Peters

"À deux reprises, j'ai adoré la création en direct de Pierre-Jean Peters. La nouveauté et l'inattendu m'ont séduit. Aucun décor, tout comme le théâtre à la radio. Des moments qui nous donnent à voir totalement l'imaginaire. Merci.", (Robert, déménageur)

"Même mon arrivée impromptue n'a su déconcentrer Pierre-Jean Peters, qui l'a intégrée à son spectacle.", (Philippe, paysagiste)

"Pierre-Jean Peters nous entraîne pour une aventure dans laquelle il ne détient aucune donnée définie, au gré d'une concentration intense où les personnages apparaissent et disparaissent dans les caprices naturels d'un souffle créateur. On se retrouve au sein d'une dynamique envoûtante et intemporelle, transporté au coeur de l'émotion transcendante d'un artiste seul, décidé à nous faire partager son intensité.", (Frank, peintre)

"Impressionnant...Comment Pierre-Jean Peters peut endosser une multitude de personnages sans se perdre.", (Suzanne, service aux étudiants, bibliothèque CEGEP du Vieux-Montréal)

"Je garde un excellent souvenir de ma soirée passée à ton spectacle de création en direct. J'y ai ressenti beaucoup d'émotions et de surprises, ne m'attendant pas du tout à ce genre de spectacle. J'y ai vu de ta part tellement de concentration et de créativité, allant chercher au plus profond de toi beaucoup d'émotions, certainement imprégnées quelques fois par un certain vécu... mais aussi énormément d'imagination approchant souvent du fantastique. Il me serait très agréable, lorsque l'occasion se représentera, d'assister à nouveau à d'autres spectacles et je souhaite vivement que tu puisses mener à bien ton beau projet. Mille fois bonne chance Pierre-Jean.", (Jacotte, retraitée)

"C'est un spectacle d'une grande intensité qui demande une implication totale de la part de l'acteur laissé seul à lui-même. Son improvisation nous fait passer par toute une gamme d'émotions; du fou rire à la tristesse en passant par l'euphorie et l'allégresse. Dans ce genre de spectacle, le spectateur se sent privilégié car il sait qu'il assiste à une représentation unique qui ne sera jamais répétée. Il sent aussi son influence sur la représentation de l'acteur qui réagit et est influencé par les émotions de la salle. C'est plus qu'un spectacle, c'est un happening", (Michel, président de compagnie)

"Ça m'a fait plaisir de voir un nouveau one-man-show improvisé d'un comédien que je ne connaissais pas, dans un lieu que je ne connaissais pas. Alors pour moi, c'est une découverte. Pierre-Jean Peters est d'origine française, mais est aussi québécois. Inutile de vous raconter ce qu'il a fait parce qu'il paraît qu'il ne joue jamais deux fois la même chose. C'est de l'improvisation...je me dis : "y'a un canevas, il va peut-être broder un peu autour de ça"; et puis quand même, l'impro, ça se prépare. Alors il est préparé faut dire, mais jamais deux fois la même représentation. Il se crée un personnage, puis un deuxième, puis un troisième. Il construit une montée dramatique autour. Y'a rien, y'a pas de décor, pas d'élément, y'a rien. Y'a des petites bougies autour de la scène pour s'inspirer. En tous cas, je ne sais pas, il monte sa mayonnaise pendant près de deux heures. Seul en scène. Ça tient le coup. Je vous dirais d'aller le voir jeudi à l'Alizée au 900 Est Ontario. C'est une découverte à faire.", (Francine Grimaldi, journaliste à Radio-Canada, l'Émission "Samedi et rien d'autre" sur les ondes de Radio-Canada (05/10/2002))

"Pour appréhender sereinement la création en direct, il faut avant tout ne s'attendre à rien et puis, se prendre au jeu d'une histoire éphémère et unique : celle proposée par le comédien mais aussi l'histoire personnelle que nous, public, nous nous raconterons. Tour à tour, au fil de la représentation (qui mérite bien ce mot), le comédien joue avec l'habilité d'un funambule risquant parfois le déséquilibre et donnant ainsi de l'attrait au spectacle. On peut être étonné, amusé, ému, parfois même dépassé, agacé, désenchanté. Mais cela fait partie intégrante du jeu dans les deux sens du terme. La création en direct est ainsi un acte de sensibilité et d'intelligence :

  • sensibilité : par ce que l'on découvre, et on découvre que cette improvisation est un véritable travail qui fait appel à toutes les ressources du comédien, de la maîtrise de la scène à la plus noble humilité.
  • intelligence : parce que ce travail agit comme une thérapie de l'éveil : il ne fait pas que montrer, il entre dans l'âme du spectateur, l'amène à s'interroger, à lui ouvrir de nouvelles voies et appréhender ainsi un plus vaste champ de création théâtrale, à être critique autant qu'ouvert.
En revenant aux sources d'un théâtre originel, la création en direct est donc aussi futile que nécessaire, pour la beauté de l'instant. Tout comme pour la trace qu'il laisse dans l'inconscient."
, (Lionel, auteur-producteur, France)

"Réflexions sur la création en direct : l'automne dernier, lorsque j'ai assisté à un exercice public de création en direct, j'ai d'abord été ébloui par l'extraordinaire rigueur que cela exige de la part des intervenants au processus : l'acteur et son directeur. C'est beaucoup plus qu'une simple improvisation à durée indéterminée. En fait, la création en direct semble s'inspirer directement du théâtre d'Artaud et de son univers si peu familier à la réalité contemporaine. À l'instar de cette démarche introspective, elle exige de l'acteur qui s'y prête une disponilibilité remarquable ainsi qu'une exploitation habile de toutes les composantes de son instrument d'expression; le corps et la voix au service d'une mission divine qui consiste à faire naître la vie pour interagir avec celle des autres. Pas facile d'explorer de telles zones si denses, si profondes, aux frontières de l'inconscient, voire d'un délire contrôlé, dans un espace nu et en présence d'individus complices de cette manoeuvre spirituelle. Une implication sans réserve qui suscite peut-être une forme d'atteinte à l'intégrité psychologique des spectateurs. Rien de moins. C'est parce qu'elle sollicite une écoute active et transformatrice que la création en direct laisse chez ses observateurs une marque indélébile et somme toute salutaire. On est très loin du théâtre de divertissement!", (Reynald, avocat)

"Dans les premières minutes de son spectacle, Pierre-Jean Peters ne nous donne pas le choix de rentrer dans son univers, tant les différents personnages qu'il y incarne sont riches en couleurs. Chacun d'eux au fil des différentes improvisations nous rappelle quelque chose en vous. Pierre-Jean jongle avec ses personnages comme avec des quilles. Souvent avec risque, mais toujours avec précision. Un magnifique spectacle à voir absolument.", (Fabrice, musicien)

"...Je suis arrivé dans une salle pleine où régnait pourtant un silence profond et imprégné de respect. Des regards s'échangeaient mais le public semblait déjà dans ce monde que je ne connaissais pas. Je me suis dis : "qu'est-ce qui se passe ici? On est dans une secte ou quoi? ". Puis j'ai attendu comme tout le monde, jetant quelques coups d'oeil vers mes voisins pour voir si tout ceci était normal. L'atmosphère était lourde d'émotions... Puis Pierre-Jean Peters est arrivé, chargé comme une bombe qui va exploser, sérieux à en assommer un ours et complètement intouchable du public. La tête baissée, il a lentement contourné la scène, et tout en jetant un regard au loin, est rentré tout d'un coup sur scène. Tout a alors commencé... J'ai été réellement impressionnée par le travail sur soi que Pierre-Jean Peters a fait et par sa capacité à se concentrer dans un univers virtuel tout en faisant évoluer chaque chose autour de lui. J'ai pu ressentir tout au long de ses spectacles la profondeur de son travail et découvrir, au final, les limites qu'il a réussi à atteindre. Son dernier spectacle m'a particulièrement touché car Pierre-Jean a réussi à exprimer des émotions et des sentiments très personnels que nous refusons souvent d'exprimer par crainte de les reconnaître et de les affronter ou, tout simplement, parce que nous n'en sommes pas toujours conscients et qu'il faut alors aller les chercher loin, très loin, voire trop loin.", (Aurelie, étudiante)



Commentaires pour Joël Savoie

"La création en direct est un phénomène étrange! Comme si l'on assistait, dans son salon, à l'état de transe d'un vieux gourou qui nous raconte une légende folle... J'ai vécu l'expérience avec beaucoup de septicisme! Puis je me suis fait prendre au jeu: j'ai embarqué! Une histoire prenait forme sous mes yeux et changeait, se transformait au gré de la fantaisie de l'interprète qui, lui-même, se métamorphosait sous nos yeux. Passant d'un niveau à l'autre, il nous a fait vivre une gamme d'émotions. C'était, je l'avoue, assez fascinant! Mais une question me restait collée derrière la tête: pourquoi? À quoi ça sert? Pris tel quel, je ne pouvais y voir qu'une exploration très intéressante et vibrante, de laquelle on aurait pu tirer certains moments pour les retravailler, les remettre en forme et en faire un produit fini. Développé. Car l'essence du théâtre, il me semble, ne se trouve que dans le travail... dans quelque chose d'abouti, bref de mûri! La création en direct? Pour moi c'est un laboratoire qui permet d'extraire, sans contrainte, des idées nouvelles!!!", (Martin Boisclair, comédien)

"La création en direct a été pour ma part, une expérience surprenante, enrichissante... ÉNERGISANTE !
Elle m'a permise de me retrouver au plus profond de l'être, du corps et de l'esprit de celui qui évoluait devant mes yeux. Tout comme une pièce de théâtre, cette création a une évolution : intro-développement-fin. Toutefois, chacun de nous, spectateurs, devons saisir l'essence du message à trois temps...
De plus, nous y retrouvons tout ce qu'il y a dans la scène artistique : humour, émotions vives, surprises, intrigues... Mais contrairement à ces pièces de théâtre qui mouillent un peu partout dans nos salles de spectacles, la création en direct nous transporte dans un univers un peu "weard", plus underground et moins terre à terre que les présentations théâtrales.
Enfin, lorsque j'ai assisté à cette foulée d'énergie, je me suis retrouvée envahie de cette liberté d'agir, de bouger, de vivre là, maintenant et sans cette barrière du "qu'est-ce que les autres vont dire ou penser"... Vous savez, comme lorsqu'on était dans nos cours d'art dramatique au secondaire ? Personnellement, je trouve que nous perdons de cette magie du "qu'est-ce qui dort au fond de moi" en viellissant... C'est un peu triste mais...
La création en direct fait ressurgir ce mystère bien caché qui dort au fond de nous-mêmes... et que Joël a si bien permis de réveiller. Bravo Joël et continue de transporter cette passion qui t'habite et que tu sais si bien faire partager !"
, (Louise Gélinas, éducatrice Service de garde)

"Je fus transporté dans un voyage imprévisible dès le début du spectacle. C'est comme si Joël était venu me chercher par la main pour m'amener avec lui dans son imaginaire. Le fait que c'était créé sur le moment, l'histoire n'avait pas de cohérence ou de logique de prime abord, mais le fait que ce matériel soit amené de manière brute dans l'espace, on pouvait déceler une poésie de l'âme non réfléchie. Des circonstances pouvant devenir poétiques, tantôt drôles, tantôt plus sombres, plus graves comme de parler de la mort. À chaque fois c'est différent : ça va avec les humeurs du comédien créateur. C'est très courageux, c'est dans le vide. J'ai l'impression que l'histoire importe peu dans ce type d'expérience, moi je m'y suis pas trop attardé. Pour moi, c'était des moments qui me procuraient des sensations fortes, ex: sortir tous les mots de ma tête un peu comme des automatismes; les propositions de personnages étaient toujours très claires, l'exemple de la mouche l'explique bien, on a vu les transformations de l'humain en mouche, le corps, la voix donc l'âme, l'incarnation de la mouche, la transformation de la mouche et son langage : ça m'a fait rire! Beaucoup d'avenir, une nouvelle manière d'exprimer au théâtre. ", (Éric Moncoucut, comédien)

"La création en direct, c'est un cadeau du ciel pour s'évader, mais aussi pour prendre contact avec ses rêves inconscients et des parties de soi et de l'homme qu'on se cachait à soi-même. La création en direct, c'est magique, diverstissant et cela permet de se ressourcer. Ça m'a fait du bien. La spontanéité des acteurs de la création en direct est impressionnante. Quel courage et quelle générosité de leur part de nous faire partager leur univers, leurs émotions! ", (Caroline Despatie, criminologue)

"Nous ne saisissions pas tout à fait l'essence du spectacle qu'on allait nous offrir. La lumière s'est levée sur un comédien immobile dans un long silence qu'il absorbait comme pour faire le plein de sa créativité. Puis Joël Savoie s'est animé, arborant tour à tour, aléatoirement, répétitivement, pour quelques minutes, le masque de 8 personnages attachants. Savoie nous entraîne dans l'univers extraordinaire de son imaginaire, omettant toute censure. Ayant pour seuls accessoires les bruits et l'air ambiants, Savoie ne doit véritablement compter que sur ses ressouces intérieures pour faire évoluer ses personnages. Nous avons alors compris que nous avions eu droit à la plus grande manifestation de concentration et de créativité qu'il nous eut été donnée de voir. ", (Gilles Chouinard, ingénieur; Chantal Savoie, comptable)

"J'ai bien apprécié la représentation de Joël Savoie à laquelle j'ai assisté l'automne dernier. J'y ai vécu toute une gamme d'émotions, passant du rire à la tristesse, et j'ai été émerveillé par les nombreux personnages et lieux qu'il créait en direct. Et même sans accessoire, et même sans décor, je suivais parfaitement l'histoire unique qui se déroulait, passant d'un lieu à un autre et d'un personnage à un autre en une fraction de seconde. J'ai aussi remarqué la grande intensité avec laquelle Joël performait, et ce durant plus d'une heure. Ces représentations, de par leur longueur et leur qualité dramatique, se démarquent, quant à moi, clairement de l'improvisation traditionnelle. J'ai très hâte d'assister à une autre représentation de Joël Savoie et de voir aussi Pierre-Jean Peters à l'oeuvre!", (Vincent, étudiant)

"La création en direct, un théâtre qui réinvente tout, qui se questionne!
Il n'y a pas de texte préparé, pas de thème de départ, pas de mise en scène, pas de décor, pas de costume. Un seul acteur en scène affronte le vide, il se laissera guider par le moment présent.
Le public sceptique est là et attend que prenne forme devant ses yeux un spectacle qui sera chaque fois unique, chaque fois différent. Ici, l'erreur ne pardonne pas! L'acteur devra plutôt s'en servir, se servir de ce qui arrive. Le son inattendu d'une chaise qui craque ou un rire nerveux en provenance du corridor adjacent peut provoquer tout un numéro! Le public aux aguets sera ballotté tout au long de la performance d'une émotion à l'autre au gré des rencontres ou des situations inusitées (attention à la reine des guêpes! Ha! Ha!)
Mais ça va plus loin. Notre acrobate de l'imaginaire peut tout inventer ou réinventer à sa guise. Il nous convie à des univers choc où les images naissent de l'inconscient et rappellent la mécanique des rêves. Chacun se sentira concerné à sa façon, ce sera peut-être irrationnel mais le cœur aura capté l'essentiel!
Les applaudissements retentissent, on apprécie la virtuosité de l'interprète… et secrètement on souhaite déjà revenir le lendemain soir pour s'assurer que tout ça est vrai, que c'est bel et bien possible!
Bravo Joël, continue ta démarche!"
, (Stéphanie, comédienne)

Dernière mise à jour : 2005/06/27